La rentrée est souvent le bon moment pour faire le point sur le poids de son animal.
Après plusieurs semaines de fortes chaleurs, de nombreux chiens et chats ont naturellement réduit leur activité : promenades plus courtes, sorties décalées aux heures fraîches, jeux moins fréquents, davantage de sommeil et, pour certains, beaucoup plus de temps passé à l’intérieur.
Le problème ? La ration alimentaire n’a pas toujours été adaptée à cette baisse d’activité.
Quelques grammes ou quelques centaines de grammes peuvent sembler anodins, mais chez un animal de petit format, ils peuvent représenter une augmentation importante de la masse corporelle. À la rentrée, il n’est donc pas rare de constater qu’un chien ou un chat a pris du poids pendant l’été.
La bonne nouvelle : une prise de poids récente est généralement plus facile à corriger lorsqu’elle est prise en charge rapidement.
Pourquoi la chaleur peut-elle favoriser la prise de poids ?
Lorsque les températures sont très élevées, nos animaux modifient spontanément leur comportement.
Un chien qui faisait habituellement deux longues promenades par jour peut se contenter de sorties rapides. Les jeux en extérieur diminuent, les activités sportives sont interrompues et les déplacements sont souvent réduits aux heures les moins chaudes.
Chez le chat, le phénomène peut être encore plus discret : un chat d’intérieur peut passer une grande partie de la journée à dormir et avoir une activité physique très faible.
Si les besoins énergétiques diminuent mais que la quantité de nourriture reste identique, l’excédent d’énergie peut progressivement être stocké sous forme de graisse.
C’est particulièrement important chez les animaux stérilisés, sédentaires, âgés ou présentant une prédisposition au surpoids. Les recommandations nutritionnelles vétérinaires soulignent d’ailleurs que le niveau d’activité réel est souvent surestimé et que les besoins énergétiques doivent être adaptés au mode de vie de chaque animal.
Comment savoir si mon animal a réellement pris du poids ?
Le poids sur la balance est utile, mais il ne suffit pas à lui seul.
À la clinique, nous évaluons notamment la condition corporelle (Body Condition Score ou BCS), qui permet d’apprécier la quantité de graisse présente sur l’animal. L’évaluation de la masse musculaire est également importante.
Un animal peut en effet avoir un poids qui semble « normal » tout en présentant trop de masse grasse ou, à l’inverse, perdre du muscle tout en conservant un poids relativement stable.
Quelques signes doivent vous alerter :
- les côtes sont moins faciles à sentir ;
- la taille est moins visible vue de dessus ;
- le ventre est moins remonté vu de profil ;
- le collier ou le harnais semble plus serré ;
- votre animal se fatigue plus rapidement lors des promenades ;
- il joue ou se déplace moins volontiers ;
- le poids augmente progressivement sur plusieurs semaines.
Une pesée régulière est donc un excellent outil de prévention. Les recommandations internationales préconisent d’intégrer l’évaluation nutritionnelle et de la condition corporelle aux consultations vétérinaires.
Première règle : ne pas simplement « donner moins »
Lorsqu’un animal a pris du poids, la première réaction est souvent de réduire fortement sa ration.
Ce n’est pas toujours la meilleure solution.
Une restriction excessive d’un aliment classique peut conduire à diminuer simultanément les apports en protéines, vitamines et minéraux. Pour les animaux qui doivent perdre une quantité importante de poids, une alimentation spécialement formulée pour la perte de poids peut être préférable : elle permet de réduire l’apport calorique tout en maintenant un apport nutritionnel adapté. Certaines formulations sont également enrichies en protéines et/ou en fibres afin de favoriser le maintien de la masse musculaire et la satiété.
À la rentrée, le bon réflexe est donc de faire le point sur toute la ration.
Il faut tenir compte de :
- l’aliment principal et sa quantité quotidienne ;
- les éventuelles pâtées ou aliments complémentaires ;
- les friandises ;
- les restes de table ;
- les récompenses utilisées pour l’éducation ;
- les aliments donnés pour faire prendre un médicament ;
- l’activité physique réelle ;
- l’âge, la stérilisation et l’état de santé de l’animal.
Les petites récompenses comptent ! Les recommandations nutritionnelles conseillent de limiter les aliments complémentaires et friandises à environ 10 % de l’apport calorique quotidien.
Et les friandises ?
C’est souvent le point qui fait la différence.
Une petite friandise semble insignifiante… jusqu’à ce qu’elle soit donnée plusieurs fois par jour.
Pour un animal en surpoids, mieux vaut :
- peser la ration quotidienne ;
- réserver une partie de cette ration pour les récompenses ;
- choisir des récompenses peu caloriques ;
- éviter les distributions « à volonté » ;
- comptabiliser les petits extras de toute la famille.
Une friandise n’est pas interdite : elle doit simplement être intégrée dans la ration quotidienne.
Il est temps de reprendre l'activité… progressivement
La rentrée est également idéale pour retrouver une routine.
Chez le chien, l’objectif n’est pas nécessairement de commencer immédiatement par de longues promenades ou une activité sportive intense.
On peut commencer par :
→ augmenter progressivement la durée des promenades ;
→ privilégier la régularité plutôt que les efforts très intenses ;
→ réintroduire progressivement les jeux ;
→ varier les parcours pour stimuler également l’animal mentalement.
L’exercice contribue à augmenter la dépense énergétique et à préserver la masse musculaire. Il participe également au bien-être et à la relation entre l’animal et son propriétaire.
Attention toutefois : un animal en surpoids ne doit pas être remis brutalement à une activité intense. Chez certains chiens, notamment ceux souffrant d’arthrose, de problèmes cardiaques ou respiratoires, le programme d’exercice doit être adapté à leur état de santé.
Et pour les chats ?
Faire maigrir un chat ne signifie surtout pas simplement remplir moins souvent sa gamelle.
Chez le chat, une perte de poids trop rapide ou une restriction alimentaire mal conduite peut être dangereuse. Le programme doit donc être individualisé et suivi.
Pour augmenter son activité, on peut notamment :
- utiliser des jeux interactifs ;
- répartir les repas en plusieurs petites prises ;
- utiliser des jouets distributeurs de nourriture ;
- placer certaines ressources en hauteur lorsque cela est adapté ;
- stimuler la recherche de nourriture ;
- proposer quotidiennement de courtes séances de jeu.
Les recommandations AAHA proposent notamment les jouets distributeurs, les jeux avec plumeau et les aménagements permettant d’encourager l’activité du chat.
Combien de poids doit-il perdre ?
Il n’existe pas une quantité identique pour tous les animaux.
L’objectif n’est pas simplement d’atteindre un chiffre sur la balance, mais de retrouver une condition corporelle adaptée tout en préservant la masse musculaire.
La ration nécessaire dépend notamment du poids idéal, de l’âge, de la stérilisation, de l’activité, de la race et de l’état de santé.
La perte de poids doit être progressive et contrôlée, avec des pesées régulières permettant d’adapter la ration si nécessaire. Les recommandations AAHA soulignent qu’un programme efficace associe restriction calorique adaptée, choix alimentaire, activité et suivi dans le temps.
La rentrée : le bon moment pour repartir sur de bonnes bases
Après un été particulièrement chaud et moins actif, quelques semaines suffisent parfois pour voir apparaître une prise de poids.
Septembre est donc le moment idéal pour faire le bilan :
✔️ peser votre animal ;
✔️ évaluer sa condition corporelle ;
✔️ faire le point sur sa ration réelle ;
✔️ comptabiliser les friandises ;
✔️ reprendre progressivement une activité adaptée ;
✔️ fixer un objectif de poids avec votre vétérinaire ;
✔️ prévoir un suivi pour vérifier que la perte de poids est régulière et que la masse musculaire est préservée.
Et surtout, n’attendez pas que le surpoids devienne important.
Perdre quelques centaines de grammes peut être relativement simple. Corriger une obésité installée depuis plusieurs années est beaucoup plus difficile.
Le poids idéal n’est pas une question d’esthétique : il participe directement à la santé, à la mobilité et à la qualité de vie de votre compagnon. Le contrôle du poids peut notamment contribuer à limiter les conséquences du surpoids sur les articulations, le métabolisme et certaines maladies chroniques.
🐾 Besoin de faire le point ?
Si vous avez l’impression que votre chien ou votre chat a pris du poids cet été, parlez-en lors de votre prochaine consultation.
À la clinique vétérinaire, nous pouvons évaluer sa condition corporelle, estimer son poids idéal et vous proposer un programme alimentaire et d’activité adapté à son âge, son mode de vie et son état de santé.
L’objectif n’est pas de le mettre « au régime », mais de lui permettre de retrouver durablement son poids de forme tout en continuant à manger avec plaisir et à vivre normalement.
